MONT

piece pour huit corps

Un groupe.

Comment se sont-ils réveillés ce jour là ? Comme si, ce matin, ils avaient revêtu leurs peaux à l’envers. Quelque chose a pris leur vie, l’a mise dans un shaker et a renversé le mélange ici, sous nos yeux. Notre point de départ, le moment où nous sommes autorisés à les observer, c’est déjà comme un constat de ce qu’il s’est passé. L’autre version.

L’Après.

Alors nous rentrons dans cette observation, prêts et pressés d’épier ce monde. Comment s’adaptent-ils ? Ce matin là, ils se sont réveillés d’un temps infini où ils étaient glacés, enfermés, noyés, enchrysalidés. Ils recherchent leur quotidien, leur mécanique, entourés de bribes d’un monde qui n’existe plus, mais dont les traces et l’héritage sont bien réels.

« Peut être que j’ai rêvé. Pourtant je sais que cinq jambes, c’est mon bon nombre de jambes, celui que j’ai toujours su que j’avais. »

C’est l’histoire de quelques uns qui cachent sous leurs costumes le fait qu’ils ne sont pas humains.

Nous avons deux cents milliards de neurones dans notre cerveau, il y a deux cents milliards d’étoiles dans notre galaxie. Il est aussi facile de se projeter dans l’espace que dans les rêves. C’est pourquoi ici, les allers-retours entre l’espace et le centre du monde sont rapides, le temps et l’espace s’inversent souvent. Donc il arrive de ne plus savoir si on se trouve dans les airs, ou sous terre. Parfois on est juste sur Terre, celle que l’on connait. Pendant ce court répit, on prend une grande bouffée d’air, avant d’être propulsé à nouveau très haut ou très bas.

Ici, les expressions humaines sont devenues réelles. Il n’est pas rare de perdre les eaux, de sortir de son cocon, d’avoir quelque chose derrière la tête.

On voit ces deux sœurs, issues d’une vieille famille qui a passé un long temps sous la poussière. Elles essaient de trouver leurs points communs, leurs jeux, la façon dont elles se touchent. La joue oui, la bouche non. Elles cherchent l’échappatoire, se tiennent par la main et se fuient par les pieds. Il y a aussi celle qui a été recrachée par la mer. Une pieuvre blanche l’aurait déposée là. La grand mère détourne le regard. Forcément, c’est plus compliqué pour elle de s’adapter. Les yeux dans le vide, elle tente de reconnaitre.

Il s’agira de s’apprivoiser.

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DISTRIBUTION et equipe artistique

ROMAIN FRANCO
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